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Comment souligner de façon un peu exceptionnelle la sortie du n° 50 de "Nouvelles des Cordeliers" ? En voyant les numéros de chaque édition augmenter de trimestre en trimestre, la question s'est posée au cours d'une réunion du Conseil d'administration de l'Association des Anciens élèves. Les propositions ne tombent pas immédiatement. À la réunion suivante, c'est notre président, Jean-François Coupel, qui donne la bonne idée : retracer l'évolution du journal depuis la première édition de 1894, date de la création de l'Association des Anciens élèves des Cordeliers. Le rédacteur-maquettiste de NdC n'avait plus qu'un petit travail à effectuer : lire ou relire la série de bulletins (c'est ainsi que se nommait le journal des Anciens à l'origine) puis les différentes formules du journal apparues au fil des ans. De 1894 à 1939, les bulletins successifs ont été reliés et forment une belle collection de 9 volumes !… voilà de bonnes soirées en perspective… Après des heures de bonnes lectures, je suis, maintenant, en mesure de proposer aux lecteurs de NdC un panorama des formats et des contenus des journaux de l'école depuis 1894 jusqu'aux années 50.

Selon les périodes, l'initiative et le choix du contenu sont réalisés par des équipes de statut différent. Ainsi les premiers bulletins sont rédigés et gérés par le comité des Anciens élèves. Jusque 1912, c'est le secrétaire (élu pour trois ans par l'assemblée générale) qui a la charge de rédiger le compte-rendu de l'assemblée générale de l'année. Le contenu est construit sur le même schéma d'une année sur l'autre. Chaque réunion des Anciens se déroule avec un ordre du jour immuable : messe à 9 h ou 9 h 30, assemblée générale à la salle des fêtes, repas au réfectoire (les toasts sont reproduits en totalité ou partiellement) et l'après-midi, une visite du jardin s'impose puis "séance académique" composée de présentations théâtrales, musicales ou sportives par les élèves. Le secrétaire donne des précisions sur l'atmosphère de la réunion (elle est toujours aimable), le déroulement de la cérémonie à la chapelle en insistant sur la prestation des ensembles de musique vocale et instrumentale et énumère les morceaux, avec le nom des compositeurs, chantés ou joués pendant l'office. On découvre ainsi que la musique faisait l'objet d'une grande attention dans l'école en ce début du XXème siècle. Une sortie annuelle était organisée pour présenter la qualité de l'ensemble vocal et musical des Cordeliers dans les paroisses environnantes. Un matin de juin, vers 4h, les élèves étaient réveillés, petit déjeuner rapide, puis direction le port, par le Jerzual. Là, le vapeur, déjà sous pression, attendait la marée. Lorsque le flux était suffisant direction l'estuaire de la Rance et selon les années, Pleudihen, Saint-Malo ou Dinard, mais aussi Erquy ou Cancale pour un accompagnement de la chorale locale et l'après-midi concert.

L'assemblée statutaire qui se réunit chaque année à la salle des fêtes (1), fait l'objet, également, d'une description détaillée avec l'essentiel du discours du Président de l'Association et parfois celui du secrétaire. Des nouvelles des Anciens ayant un rôle important sont données. Par exemple, en 1904, Monseigneur Victor Douceré (2), nouvellement nommé évêque de Térénuthis, Vicaire Apostolique des Nouvelles-Hébrides écrit au Supérieur, son ancien professeur, pour lui demander son « assistance surnaturelle pour bien correspondre aux grâces de l'Esprit Saint… ».
La situation financière de l'Association est présentée puis la méthode suivie pour élire les membres renouvelables du comité. Les bulletins sont complétés par la liste des membres de l'Association et, à partir de 1895, de la liste des anciens élèves décédés au cours des douze mois précédents. De 1897 à 1952 (dernier numéro dans ce format), une notice nécrologique accompagne chaque nom. Avec le bulletin de 1898, commence une série dont le contenu est augmenté de l'histoire des Cordeliers. C'est un professeur de l'école, l'abbé Jean-Marie Hervé, premier secrétaire de l'Association, qui a été sollicité pour s'atteler à cette tâche de façon à compléter le contenu du bulletin. L'historien de l'école a rédigé la partie concernant le château, le monastère et la période de l'abbé Bertier. Il meurt en 1900. Sa tâche est reprise par le secrétaire de l'Association, l'abbé Pierre Leclerc, aumônier des Religieuses Trinitaires de Plancoët. Celui-ci retrace les principaux événements marquants de chaque supériorat jusqu'à celui de l'abbé Heuzé (1881-1882), ce dernier épisode est publié dans le numéro de 1906. Dans le numéro de 1901, un événement particulier est retracé longuement : le jubilé du chanoine Dagorne, supérieur de 1860 à 1881, depuis 1889, supérieur du Grand Séminaire de Saint-Brieuc et premier Président de l'Association des Anciens élèves. Après 1906 la description de la journée des Anciens est augmentée des discours prononcés par le chanoine Dagorne lors des distributions des prix pendant son supériorat. En 1910, une monographie est présentée à partir d'un document que le chanoine le Fer de la Motte, par un heureux hasard, a récupéré. Il s'agit du Chartrier du Couvent des Franciscains de Dinan. Ce document présente les fondations faites par les familles des environs de Dinan aux moines des Cordeliers. L'abbé Leclerc, l'auteur de cette monographie, en avait déjà fait une présentation résumée dans le bulletin de 1904.
On peut observer qu'après l'expulsion de 1907, la réunion des Anciens se tient, comme chaque année, mais dans un autre lieu : au Couvent de La Victoire, rue de Léhon, en 1908 et 1909.
À partir de 1911, il n'y a plus de suppléments, seule la relation de la journée des Anciens est rapportée avec les discours et toasts. C'est une période charnière qui amorce le passage de la responsabilité du journal du comité des Anciens élèves à l'école. L'abbé Charles Meinser est, en effet, élu secrétaire en 1913. Son rôle deviendra de plus en plus important dans l'école puisqu'il est nommé supérieur en 1914, mais aussi dans le suivi de la relation entre l'école et les Anciens élèves.
Dans le numéro relatant la 20ème assemblée générale de l'Association, en 1913, deux nouvelles rubriques apparaissent : "Echos des Cordeliers" et "Chronique des Associés".
Les "Echos des Cordeliers" retracent les événements importants vécus par les élèves. On y décrit la vie des élèves en dehors des heures de classe, les transformations des locaux et les mouvements des professeurs et surveillants.
Quant à la Chronique des Associés, elle donne des nouvelles des anciens élèves, leurs activités, lieux de résidences…
À cause des difficultés provoquées par la guerre, les comptes rendus des assemblées générales de 1915 et 1916 sont publiés dans un seul bulletin. Le secrétaire de l'Association, qui n'est pas désigné en 1914 et 1915 (pourtant son travail a bien été fait), est à nouveau un professeur de l'école en 1916 : l'abbé Joseph Holtz (3). Durant les 4 années de guerre, la rubrique "Echos des Cordeliers" est publiée à part sous forme de 2 à 4 feuilles manuscrites ronéotypées à destination des professeurs et anciens élèves mobilisés (il y aura 9 numéros).
En 1919, "Echos des Cordeliers" disparaît ainsi que la "Chronique des Associés" pour laisser place à une "Chronique de guerre". Les citations militaires des derniers Anciens élèves soldats sont reproduites.
En 1921, "La vie dans l'école" vient remplacer les chroniques de guerre avec, en complément, à partir de 1922, "Chronique de l'Association" (nouvelles religieuses, distinctions honorifiques, promotions, succès aux examens, mariages et naissances, parfois publications). Nouveauté en 1925 et les années suivantes, de la publicité commerciale s'insère dans les pages du bulletin.
L'abbé Guy Page devient secrétaire de l'Association en 1927 et l'année suivante, le bulletin change de titre pour devenir "Echo des Cordeliers". Malgré la mise au singulier du terme "Echo", c'est clairement indiqué dans le texte de présentation, la nouvelle formule est la reprise du titre qui a eu tant de succès pendant les quatre années de guerre. Il y a bien, avec cette nouvelle formule, changement de nature : plusieurs numéros sont publiés chaque année, les destinataires sont les élèves et un gérant est désigné : le chanoine Meinser. Les Anciens élèves abandonnent donc à partir de cette date la responsabilité de publication aux responsables de l'école. Un numéro spécial est consacré à la réunion des Anciens chaque année, reprenant les rubriques des années précédentes : déroulement de la journée des Anciens, reprise des discours et toasts, la vie dans l'école, la chronique de l'Association et les nécrologies.
La guerre perturbe à nouveau ces bonnes habitudes : les 3 exemplaires de "Echo des Cordeliers" de fin 1939, début 1940 ne sont pas imprimés mais seulement tapés à la machine sur quatre feuillets A4. Il faut attendre 1946 et la réunion de l'assemblée générale pour revoir "Echo des Cordeliers". Les conditions économiques du moment rendent difficile la publication du numéro relatant la 47ème réunion des Anciens. Les textes sont considérablement réduits. Les discours ne sont pas reproduits et les notices nécrologiques réduites à une dizaine de lignes. L'année suivante il est décidé de publier un numéro tous les deux ans. Puis un exemplaire regroupe trois assemblées générales, 1949, 1950 et 1951. Et puis, est-ce la fatalité des grands journaux ?, plus rien !

Heureusement, une équipe d'élèves de terminale relève, timidement, le défi de reprendre la publication d'un journal de l'école au cours de l'année scolaire 1952-53. Ainsi naît le premier numéro de CVC, "Ces Vieux Cordeliers", daté de janvier 1953. L'équipe bénéficie d'une grande autonomie, sous la surveillance de leurs professeurs (on ne peut imaginer une indépendance totale !) qui produisent un ou deux articles par numéro au point que le gérant désigné est un élève de Philosophie. La plupart des articles sont rédigés par les élèves et une page ou deux sont consacrées aux nouvelles des anciens, pour annoncer leur situation, les résultats de leurs examens ainsi que les mariages, naissances et décès. Ce journal est distribué aux élèves et aux Anciens qui versent leur cotisation. J'ai ce souvenir très précis de la distribution de CVC en étude, sans doute, le jeudi matin ! Quel plaisir ! nous avions des "nouvelles" ! dans lesquelles nous étions parfois acteurs ou, au moins, spectateurs !
CVC a vécu, au rythme de trois numéros par an, jusque 1988. De nouveau les énergies se sont épuisées…

En 1995, le Conseil d'administration de l'Association décide, timidement aussi, de reprendre la publication d'un journal destiné aux élèves et aux Anciens qui voudraient bien s'abonner en versant leur cotisation de membres de l'Association. Ainsi naît "Nouvelles des Cordeliers".
Pour présenter le projet éditorial de NdC, le plus simple et, sûrement, le mieux est de reprendre le texte écrit par le chanoine Meinser dans le premier numéro de CVC : « Le bulletin voudrait donc vous donner des nouvelles de l'École, de celle d'hier et de celle d'aujourd'hui, de son passé et de son présent, de ses fêtes, de ses groupements, de ses activités spirituelles, intellectuelles, apostoliques, sportives même, en un mot de tout ce qui fait la vie de chaque jour, de chaque étape vers le bel avenir de cette terre et de l'au-delà, auquel tous travaillent.
Il s'adresse à vous, chers parents, soucieux de la formation et de la joie de vos fils, heureux d'en connaître les manifestations ; à vous aussi, chers enfants, centres et âme du collège, qui n'existe et ne vit que pour vous, et dont vous êtes les hôtes privilégiés ; à vous mêmes, chers anciens élèves, à qui, rappelant un passé inoubliable, il fera plaisir, il fera du bien. »
Avec la publication de ce numéro 50, je voudrais remercier très sincèrement toutes les personnes qui apportent leur contribution active dans la rédaction d'articles et les tâches matérielles de mise sous bande ou sous enveloppe et de suivi des adresses des Anciens. Mon souhait serait de citer tous ces participants, mais je risquerais fort d'en oublier. Cependant, quelques personnes jouent un rôle incomparable dans la confection de NdC :
• les Directeurs successifs des Cordeliers et les Présidents de l'association sont régulièrement soumis à mon exigence : « Pourriez-vous, s'il vous plait, rédiger un éditorial, pour après-demain matin ? »
• Gérard Basset, ancien élève et ancien professeur désormais, apporte à chaque numéro un texte original, soigné, imprégné de l'histoire et de l'atmosphère des cordeliers.
• Alain Robert, ancien élève et professeur : sans lui, NdC aurait bien du mal à exister. Les photos et les articles relatant les événements auxquels les élèves participent sont le fruit de sa disponibilité et de son travail régulier et assidu.
• Madame Jeanne Fouéré accepte, avec gentillesse, de relire, avec attention, chaque numéro, avant impression, pour en exclure les fautes et erreurs de façon à imprimer un journal digne d'un établissement d'enseignement.
Grâce à toutes ces aides, ma tâche se retrouve en fait très simple et très modeste : placer photos et articles en les alignant verticalement et horizontalement pour rendre chaque page facilement lisible…

Guy Buard.

Du bulletin à NdC

Tiré de Nouvelles des Cordeliers n° 50, p. 1 à 5
(1) - Mais où se situait la salle des fêtes avant 1904 ? Cette salle, aujourd'hui, salle visio-conférence était occupée, avant 1904, par la chapelle de l'école. Alors, où ? Je n'ai trouvé qu'un seul indice : dans le compte rendu de la 2ème assemblée générale, le 11 juillet 1895, le secrétaire termine en écrivant (P. 15 et 16) : « Les noms des élus proclamés, on descend joyeusement l'escalier monumental du Capitol, et l'on se hâte vers le réfectoire. » Comme le premier étage est occupé par des dortoirs (Saint-Louis-de-Gonzague et Saint-Stanislas), il ne peut s'agir que du 2ème étage. Or, justement, ce deuxième étage a été élevé, en 1889 ou 1890. C'est dans la notice nécrologique de l'économe de l'époque, l'abbé Joseph Robert, que j'ai lu ce détail. Donc, la salle des fêtes occupait le local devenu le dortoir Saint-Pierre (Bulletin de 1930, p. 45-46).
(2) - Victor Douceré, élève de 1868 à 1878, devenu prêtre mariste, embarque à Marseille en 1886 à destination de Nouméa pour devenir missionnaire aux Nouvelles Hébrides. Il est nommé évêque en 1904. A l'occasion d'un voyage à Rome, il sera invité d'honneur à la réunion des Anciens le mardi 20 juin 1911. Il meurt le 12 mai 1939, à 83 ans, à Port-Vila, Nouvelles-Hébrides.
(3) - L'abbé Joseph Holtz a été professeur d'histoire et géographie de 1897 à 1926. Il est appelé par l'évêque de Chartres, Mgr Harscouët, pour devenir son secrétaire particulier en 1927 et sera nommé lui-même, plus tard, évêque.