Ce volume contient une partie des Conférences d'Histoire de 1892. Il sera prochainement suivi d'un autre qui le complétera.

Sa composition, de forme toute spéciale, demande quelques mots d'explication.

Pour arracher à l'oubli les derniers souvenirs de la tradition orale et les documents écrits relatifs à la Persécution révolutionnaire dans les limites du diocèse actuel de Saint-Brieuc, Monseigneur l'Evêque avait donné comme sujet de conférence dans chaque canton l'histoire du clergé et des paroisses de 1789 à 1801.

Les prêtres désignés pour ce travail l'entreprirent avec zèle.

Aussi la Commission chargée de juger leurs travaux émit l'avis que ces documents et renseignements mis au jour méritaient d'échapper à l'oubli, dans l'intérêt de l'histoire, et sa Grandeur, ratifiant ce vœu, ordonna la publication des volumes dont le premier voit aujourd'hui le jour.

Toutefois la Commission ne garantit la valeur scientifique d'aucun des faits racontés, d'aucune des pièces tranxcrites par MM. les Conférenciers, et leur en laisse toute la responsabilité.

Des éliminations nécessaires ont été faites sous le double contrôle des auteurs et de personnes graves et compétentes. Plus considérables que ne l'aussent désiré les uns, moins nombreuses que ne le demandaient parfois les autres, elles ont été dictées par la prudence, dans les limites où elles ne paraissaient pas une atteinete à la sincérité et à la vérité.

La situation des moines Cordeliers est évoquées dans 3 passages :
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LE DIOCÈSE DE SAINT-BRIEUC

PENDANT LA

PÉRIODE RÉVOLUTIONNAIRE


1 - Page 84

« Ordre de Saint François (Cordeliers)


HERCOUET Jean-Baptiste, 49 ans, profès en 1760;

AUBRY Emmanuel, 52 ans, profès en 1756;

DUBOIS Joseph, 38 ans, profès en 1768;

GAUDICHEAU Mathieu, 65 ans, profès en 1745;

BARRAUD Henri, 51 ans, profès en 1755;

BONNIC Bernard, frère lai. »

2 - Page 138

« Les communautés d'hommes – au nombre de 7 pour le district – se dispersèrent sans incident et sans bruit ; à la fin de juin 1791 elles avaient disparu. Le premier couvent évacué fut celui des Cordeliers, qui, dès la fin de janvier, cédèrent la place aux troupes envoyées de Saint-Malo pour réprimer l'émeute d'Evran. La population les vit partir avec regret, car elle se rappelait qu'après le combat de Saint-Cast (1758), et pendant la cruelle épidémie de 1778, ils avaient fait de leur monastère un second hôpital. A peine en étaient-ils sortis, qu'on morcela leur enclos pour arrondir les héritages voisins ; leurs meubles, sous la réserve de la bibliothèque et des objets servant au culte, furent vendus le 18 mai ; quelques difficultés de procédure, sous lesquelles se cachait une spéculation, firent ajourner l'alienation des bâtiments. Ceux-ci, malgré la présence d'un poste, furent d'abord à tel point délaissés, que par une belle nuit, des mélomanes qui connaissaient le prix du vieux plomb, forcèrent les portes de la chapelle sans être aperçus, et volèrent une partie des tuyaux de l'orgue. »

3 - Page 169

« Dans la même année (1796), le couvent des Cordeliers est devenu une caserne. »