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DISCOURS

prononcé par M. Gaultier, Directeur de l'Ecole écclésiastique

avant la distribution solennelle des prix.

ÉCOLE ÉCCLÉSIASTIQUE DE DINAN

DISTRIBUTION SOLENNELLE

DES PRIX

Le mercredi 8 Août 1838

Messieurs,

Dépositaires de la confiance et de l'autorité épiscopale pour l'instruction de la jeunesse dans l'arrondissement de Dinan, héritiers et successeurs de ces hommes qui reçurent la vocation de rétablir l'éducation religieuse dans cette ville, et en particulier de ce prêtre vénérable que vos yeux n'aperçoivent plus dans cette enceinte mais dont la mémoire est encore présente à tous les esprits ; qu'il nous soit permis, en rendant devant vous un hommage solennel aux vertus et au mérite de nos prédécesseurs, de jeter un coup œil sur notre origine et nos premiers travaux, et de vous entretenir un moment de ce que nous pouvons faire encore avec le concours des familles, qui voudront bien nous confier l'éducation de leurs enfans.

Bien des hommes peuvent se souvenir encore que l'ancien diocèse de Saint-Malo, avant les jours orageux de la révolution, possédait, dans la ville de Dinan, et dans la maison de la Victoire, un collège assez florissant, fondé par la sollicitude et la bienfaisance épiscopale. (1) Ce collège, ainsi que les autres établissemens religieux disparut dans la tempête révolutionnaire. Mais, Messieurs, aussitôt que parurent les premiers jours de calme, pendant que les confesseurs de la Foi, échappés de la mort, revenaient de leur exil, et que les portes du sanctuaire commençaient à se rouvrir devant l'espérance des jeunes lévites, trois élèves de l'ancien collège, (2) qui travaillaient dans cette ville pour terminer leurs études ecclésiastiques, se virent entourés de plusieurs enfans dont les familles, éclairées par une nouvelle expérience, comprenaient mieux encore le prix incomparable d'une éducation vraiment religieuse et solidement chrétienne. Mais afin que leur mission fût parfaitement légitime, les trois instituteurs ne manquèrent pas de s'adresser au digne prélat, que le Siège apostolique, sorti plus brillant des nuages de la révolution, venait d'instituer pour le Diocèse de Saint-Brieuc ; (3) et la lettre qui contient son approbation et les encouragemens qu'il leur donne, est encore aujourd'hui entre nos mains. (4)

Les voilà donc qui prennent leur essor, et qui s'avancent de succès en succès sous les yeux d'un public qui les admire et les favorise. Il n'y a pas encore deux ans que leurs travaux sont commencés, et déjà vous voyez une jeunesse nombreuse affluer dans leur école, (5) et déjà tous les cours ordinaires des anciennes études sont ouverts à leurs élèves, depuis les premiers élémens de la grammaire, jusqu'à la plus sublime philosophie, qui est comme le langage des esprits.

C'est ici, Messieurs, que paraît à la tête de nos jeunes instituteurs ce vénérable prêtre dont ils avaient eux-mêmes entendu les leçons, du temps que l'ancien collège vivait encore. Il revient donc, pour ainsi dire, au milieu de sa famille, pour planter et affermir les traditions de la bonne littérature. Il est inutile d'ajouter, en parlant d'un homme dont l'obéissance fut peut-être la première des vertus, qu'il n'ouvrit la bouche pour enseigner la jeunesse diocésaine, que d'après la mission d'un Evêque, (6) qui lui confia pour ainsi dire son cœur et ses intérêts, autant que son autorité, et qui lui conserva toujours une place distinguée parmi ses plus honorables amis.

Sous la direction d'un chef dont les vertus étaient si solides, dont le goût était si pur, et qui avait cueilli le miel de la science sur les plus belles fleurs de l'antiquité, l'établissement faisait encore de nouveaux progrès. Les cours étaient plus étendus, les leçons plus approfondies et la discipline plus régulière. Le pensionnat est fondé ; (7) la maison est acquise pour le Diocèse ; (8) le grand Séminaire est érigé par une ordonnance épiscopale ; (9) et le nombre des élèves s'accroît jusqu'au delà de 250. L'université impériale elle-même paraît nous accorder un sourire de protection, et veut bien nous admettre aux honneurs de l'Ecole secondaire ecclésiastique. (10)

Mais, il est permis de l'avouer, Messieurs, si la faveur de l'université impériale fut un moment bien sincère, il est du moins certain qu'elle ne fut pas de longue durée. Outre la taxe universitaire, il fallut bientôt conduire tous nos élèves, tant internes qu'externes, au classes du collège communal dont les rangs étaient considérablement éclaircis. On doit dire d'ailleurs que nos élèves firent honneur à leurs premiers maîtres par leur bonne conduite et par leurs succès distingués. Mais oublions ces temps malheureux, qui s'écoulèrent depuis 1811 jusqu'à 1814, et qui reparurent encore pendant quelques jours en 1815.

Dans les années suivantes, sous un régime plus doux et plus favorable à la liberté, l'Ecole ecclésiastique s'élève à un état très florissant. Le collége communal était mort lentement, et les établissemens voisins n'étaient pas encore fondés. Après 1820, nous pouvions compter au-delà de 450 élèves ; et si dans les années suivantes ce nombre était un peu diminué, (11) ce ne fut qu'après 1828 et surtout après 1830, que nos classes ayant été rigoureusement fermées aux externes, l'Ecole ecclésiastique commença une époque de longues souffrances.

Il vous souvient encore, Messieurs, que les premiers jours de I'année dernière (12) virent expirer cet homme, vraiment utile, cet ami de Dieu et de ses frères, ce père de la milice cléricale, qui la forma par ses exemples et ses vertus, autant que par ses leçons et ses conseils. C'est lui qui fut le précepteur de vos enfants, et peut-être le vôtre, et qui s'occupait, comme il aimait à le dire, de l'éducation de la jeunesse depuis plus d'un demi-siècle ! C'est lui que vous environniez de votre faveur, quand il couronnait vos enfans dans une cérémonie semblable à celle qui nous rassemble aujourd'hui.

A la mort de M. Bertier, de profonds gémissemens se prolongèrent dans les campagnes voisines, dans tout l’arrondissement et jusqu'aux extrémités du Diocèse, et déjà des bruits sinistres venaient troubler quelques âmes, qui avaient apprécié ses vertus et favorisé ses établissemens. On craignait de voir bientôt disparaître le Séminaire et I'Ecole ecclésiastique, pour faire place à une influence qui paraissait moins légitime et moins pacifique. Mais la providence divine ne tarda pas à faire connaître sa volonté. Le ciel avait placé, depuis plusieurs années, sur le siège de Saint-Brieuc, un vénérable Evêque, ami de Monsieur Bertier, comme son prédécesseur, confesseur de ta foi avec Monsieur Bertier, et son compagnon dans l'exil et dans les prisons de l'impiété révolutionnaire. C'est lui-même, c'est ce bon père, qui devient, par sa puissance et par son affection, le tuteur des enfans et le continuateur des bonnes œuvres de son respectable ami. Monseigneur adopte aussitôt le Séminaire et l'Ecole ecclésiastique ; et depuis ce moment il n'a cessé de nous donner, et par sa correspondance honorable, et par ses généreux sacrifices, et par ses démarches auprès du gouvernement, les preuves les plus certaines et les plus encourageantes de sa bienveillance honorable et de sa puissante protection. Il est donc vrai, Messieurs, l'établissement de Monsieur Bertier n'a point perdu ses espérances, et si, comme nous le croyons, le diocèse reconnaît toujours son importance incontestable, il ne succombera point sous les nouvelles tempêtes qui pourraient encore le menacer ; et l'on ne sera pas surpris sans doute que nous fassions aussi tous nos efforts pour en prévenir la destruction, d'autant plus que pour le soutenir, nous demeurons exactement dans la ligne de notre première institution, sans envahir aucun enseignement étranger.

L'approbation royale pour le testament de M. Bertier se faisait attendre pendant longtemps, et quelques esprits avaient pu concevoir des craintes légitimes ; mais aujourd'hui que le Diocèse et la ville de Dinan sont confirmés dans la pleine et perpétuelle possession d'un local aussi précieux que la maison du séminaire (13), le nouveau Directeur et ses confrères sont résolus plus que jamais de soutenir la bonne œuvre qui est le fruit des travaux et des sacrifices de leur vénérable supérieur, et de répondre, par une administration sage et par un zèle infatigable, à tout ce que l'Eglise et la Société peuvent attendre des moyens qui sont à leur disposition.

Instruction forte et développée dans les classes pour les humanités et les sciences naturelles aussi bien que pour la religion, discipline régulière et paternelle pour former les mœurs et accélérer les progrès des élèves, conditions avantageuses pour les frais d'éducation et pour le bien-être des enfans, en un mot, toutes les espérances que l'on peut donner dans les autres établissemens, nous tâcherons de les réaliser nous-mêmes : nous aurons soin de tenir nos élèves, selon leur intelligence et le degré de leurs études, à la hauteur des découvertes modernes ; et quand les nouvelles méthodes offriront des résultats plausibles, elles seront accueillies dans notre école avec empressement comme un bienfait dont la source est dans le ciel beaucoup plus sans doute que dans l'activité et la pénétration de l'esprit humain. Prêtres catholiques, nous n'avons pas oublié que l'Eglise a conservé les sciences dans le monde : Directeurs d'une école diocésaine et d'un établissement religieux, nous ne croyons pas qu’il nous convienne d'abandonner les secrets de la science et le complément des études à une institution étrangère, quelle que soit d'ailleurs la magnificence de ses promesses. Et s'il est venu à vos oreilles quelques bruits qui tendaient à donner une idée moins avantageuse de l'Ecole ecclésiastique, je vous prie, Messieurs, de vouloir bien y trouver une excuse légitime pour les paroles un peu confiantes que vous venez d'entendre de ma part : il sera juste de ne pas confondre une apologie modeste et nécessaire avec une jactance ambitieuse et intéressée.

Si l'on veut parler en effet de la science la plus sublime et la plus nécessaire, de la science de l'âme et de l'esprit, de la science de Dieu et de la religion, de la science de la morale et de la vertu, il est vrai que nous n'avons point suivi ces progrès malheureux qui ont conduit tant de génies téméraires dans les régions du chaos. Mais nous n’avons pas à nous repentir maintenant d'avoir suivi cette méthode de prudence et de modération qui craint les éblouissemens passagers, qui combat l’usurpation des systèmes et qui cherche, dans la raison comme dans la foi, le fondement de la pierre ferme pour y poser ses pas.

Quant à ces sciences secondaires, que nous pouvons appeler en quelque sorte matérielles, physiques et instrumentales, telles que la connaissance des Langues, la Géométrie, la Géologie, l'histoire naturelle et plusieurs autres, je suis loin d'en contester l'importance ou de prétendre en obscurcir la gloire. Mais aussi ce n'est pas notre pensée de fermer à nos élèves l'entrée de ce sanctuaire brillant. Je pense qu'on nous accordera sans peine une connaissance passable de cette langue majestueuse que parlait autrefois le plus grave et le plus puissant des peuples ; et sans doute en étudiant les chefs-d'œuvres du génie romain, on peut bien aussi apprendre à penser, et cultiver utilement son esprit. Les langues anciennes et modernes, qui sont jugées les plus nécessaires pour les examens académiques (14) et pour une instruction complète, sont enseignées dans notre école, suivant le désir des élèves et la volonté des parens. Il est absolument faux que l’étude de la langue française soit négligée dans nos classes : outre le cours spécial, tous les maîtres y donnent une attention particulière. Les cours de Géographie et d'lHistoire, de Mathématiques et de Physique sont préparés avec soin et développés avec zèle par trois professeurs. Enfin, Messieurs, c'est la volonté positive de notre respectable Prélat, qui se montre encore aujourd'hui le véritable ami des jeunes gens et des éludes, c'est sa volonté bien manifestée que toutes les connaissances naturelles qui font partie de l'éducation actuelle dans les établissemens publics et les collèges universitaires, soient enseignées dans toutes les écoles ecclésiastiques de son Diocèse : il a fait des sacrifices et procuré des moyens à cette fin ; et sa Grandeur est persuadée que dans l'état présent des esprits, lorsque les familles et le gouvernement même reconnaissent plus ouvertement la nécessité de la religion, ces différentes études ne doivent plus offrir aucun danger, et qu'au lieu être hostiles à l’Eglise et au clergé catholique, elles en deviendront les auxiliaires. Et pour nous, Messieurs, nous ne seront pas moins empressés que nos confrères des autres écoles diocésaines de remplir les intentions de notre évêque, et de mettre nos élèves en état de soutenir avantageusement la comparaison avec les élèves des établissemens rivaux. (15)

Plusieurs fois déjà nos jeunes gens ont paru avec honneur et ont obtenu de brillans succès parmi les élèves des collèges royaux, et nous espérons que de nouvelles couronnes pourront encore à l'avenir attester la puissance de nos efforts et l'excellence de notre méthode. Il serait impossible de compter ici tous les hommes distingués dans l'église, dans la magistrature et dans la société, qui firent leurs premières études dans l'Ecole ecclésiastique de Dinan. J'en vois plusieurs qui nous honorent aujourd'hui de leur présence, et leur mérite bien connu est une preuve éclatante que notre enseignement n'est pas incapable de former des hommes instruits. Il est vrai que tous ces brillans sujets n'ont pas acquis toute leur science dans notre maison et qu'ils se sont formés ensuite par des études supérieures. Mais cette observation regarde aussi bien les collèges universitaires et toutes les études de la première jeunesse : elle ne peut donc être opposée à l'école ecclésiastique comme une preuve d'infériorité. Les talens sans doute ne sont pas formés, ils ne sont qu'ébauchés dans les premiers exercices littéraires. Nous savons depuis longtemps que l'enceinte des classes n'est pas le terme de la science, elle n'en est que le vestibule ; ce n'est pas le couronnement de l'édifice, c'est seulement la première pierre.

Pour la surveillance et le soin des enfans, qui fait la partie la plus essentielle de l'éducation chrétienne, nous croyons que l'Ecole ecclésiastique ne sera point surpassée par un autre établissement. Aujourd'hui dans la maison quinze Ecclésiastiques, c'est-à-dire onze Prêtres et quatre Elèves du sanctuaire, sont employés à instruire, à surveiller et à diriger les jeunes gens. Si un pareil nombre a quelque chose d'effrayant pour des hommes qui ont peur de Dieu et de la religion, n'est-ce pas une garantie bien consolante pour des parens qui connaissent le prix de la foi, de la piété et de l'innocence des mœurs ? Ne peuvent-ils pas attendre avec plus de confiance et de sécurité le fruit de leurs propres sacrifices, quand ils savent que leurs enfans sont environnés de plusieurs gardiens vigilans et charitables qui les accompagnent pour ainsi dire dans toutes leurs voies, et qui les empêchent, autant qu'ils peuvent, de perdre leur temps ou de heurter contre la pierre du scandale ? Les Ecclésiastiques président à tous les exercices religieux et littéraires. Ils dorment auprès des enfans et sont les compagnons inséparables de leur repas, de leurs promenades et de leurs récréations. Il est plus facile encore dans une maison qui ne contient que des élèves internes, de prévenir les écarts de la jeunesse : il est plus facile d'étudier les différens caractères et de suivre les progrès des enfans.

Longtemps avant la mort de Monsieur Bertier, on essaya de faire un accord entre le Séminaire et la ville le Dinan pour un établissement commun : les négociations n'eurent aucun succès. Dès le commencement de l'année dernière, l'Evêque de Saint-Brieuc fit encore de nouvelles tentatives, et dans les premiers mois de l'année présente, il annonçait comme certaine une combinaison favorable. Mais on s’est chargé de répondre que l'exécution du projet ou la formation d’un collège mixte était légalement impossible.

C'est un malheur sans doute, si le Séminaire s'est vu contraint, par l'ordre légal ou par les hommes qui l'ont appliqué, de fermer rigoureusement ses classes à tous les élèves externes. Mais c'est un malheur, comme vous voyez, qui ne sera pas imputable au Séminaire ni à l'Evêché de Saint-Brieuc ; et c'est un malheur au reste que le séminaire se détermine à porter généreusement, dans l'intérêt des familles qui l'honorent de leur confiance : les parens se trouvent déchargés des nouveaux frais nécessités par la mesure de rigueur. Depuis le congé de Pâque, nous venons d'établir une seconde pension d'un prix si modique, (16) qu'il serait impossible aux parens, à ceux du moins qui ne demeurent pas dans la ville, d'entretenir leurs enfans chez une hôtesse et de payer les classes dans un collège avec une somme si peu élevée.

Nous pouvons ajouter, que la maison du Séminaire est spacieuse et dans une position favorable. Depuis longtemps, par la sollicitude du vénérable Evêque qui est établi dans tous les droits du fondateur, des projets sont préparés pour l'accroître et l'embellir. Les réparations les plus urgentes vont commencer incessamment : elles se poursuivront avec ardeur pendant les vacances ; et la maison, s'il est nécessaire, pourra recevoir dès l'année prochaine un plus grand nombre d'élèves, en offrant à tous un séjour plus commode et plus agréable.

Vous entendez nos promesses, parens respectables, et vous jugerez par nos œuvres de notre fidélité à les remplir. Nous tâcherons de vous remplacer vous-mêmes dans l'exercice du zèle et de la tendresse que vous avez pour ces enfans chéris. Nous prenons de nouveau l’engagement solennel de consacrer tous nos soins à la culture de ces jeunes plantes que vous remettez entre nos mains. De votre côté, en leur accordant pendant ces jours si désirés une récompense bien légitime, la jouissance de l'amour paternel, ne manquez pas de les former à l'obéissance de plus en plus et de nous soutenir nous-mêmes par l'autorité que vous a donnée celui duquel découle toute paternité au ciel et sur la terre.

Et vous, aussi vénérables anciens du sacerdoce, que le Seigneur a conservés de distance en distance dans les villes et les paroisses de l'arrondissement et du Diocèse ; et vous, nos anciens condisciples qui n'avez pas oublié la maison de vos premières études, ni les amis que vous y avez laissés ; et vous, nos chers élèves et jeunes confrères, qui venez d'entrer il y a peu de temps, dans la moisson du père de famille, si les parens dont vous avez la confiance pensent à nous remettre leurs enfans, ne craignez point de leur attester que l'établissement de notre ancien Supérieur sera toujours dirigé d'après la solidité de ses principes et suivant l'esprit religieux dont il tâcha de l'animer. Nous ferons même tous nos efforts, pour perfectionner son œuvre et pour accomplir toutes les intentions qui ne furent que la préparation de son cœur. Nous sommes heureux de pouvoir compter sur le concours et les lumières de deux amis qui possèdent la confiance de la ville et de notre digne prélat, et qui furent eux-mêmes aussi élèves d'abord, ensuite professeurs et directeurs dans l'Ecole ecclésiastique de Dinan.

Et vous enfin, nos chers enfans, qui attendez en ce moment la récompense de vos travaux, vous avez pu connaître pendant cette année la douceur et en quelque sorte la patience de notre direction. Il me serait doux de pouvoir, dans ce jour solennel, vous accorder à tous les mêmes éloges et les mêmes félicitations, le même témoignage de piété, d'obéissance et d'application. Du moins, Messieurs, ne perdez pas l'impression salutaire que fera sur vous la proclamation solennelle du jugement bien approfondi qui va décerner à chacun les couronnes et les lauriers qu'il a mérités. Si le succès vous élève au-dessus de vos condisciples, ne vous abandonnez pas à une confiance téméraire, et travaillez encore de plus en plus pour arriver à de nouvelles victoires. Si votre nom est éclipsé par la gloire de vos rivaux, ne vous découragez pas cependant ; mais faites à l'avenir de généreux efforts, pour reconquérir la palme qui vous échappe aujourd'hui et pour réjouir enfin des parens bien aimés qui avaient fondé sur vous de meilleures espérances. Vous êtes après Dieu la première cause de vos succès et de votre avancement. Le maître visible et mortel, qui est comme le moniteur intermédiaire de la vérité, ne peut rien sans le secours du maître invisible et éternel qui parle intérieurement, ni sans le concours du disciple qui écoute au dedans de lui-même avec attention et docilité. Admonere possumus per strepitum vocis ; sed si non sit intus qui moneat, inanis fit strepitus noster.
(Saint Augustin).

Vu et approuvé par nous, Evêque de Saint-Brieuc.
Dinan, 7 août 1838.
Mathias, Ev. de S.-Brieuc.

(1) II se nommait le Collège des Laurents, du nom de l'évêque fondateur.

(2) MM. Ménard, Boschel, Loisel.

(3) Mgr. J. B. M. Caffarelli, mort à S.-Brieuc, le 11 janvier 1815.

(4) Cette lettre est datée du 13 décembre 1802.

(5) Ils ouvrirent leurs classes le 3 janvier 1803, avec 17 élèves, à la fin de cette année scholaire au mois d'août, ils comptaient environ 100 élèves, et ce nombre fut à peu près doublé dans l'année suivante.

(6) M. Bertier fut nommé directeur de I'Ecole des Cordeliers au mois d'août 1804.

(7) Après le congé de Pâques 1806.

(8) Contrat du 27 juin 1807.

(9) Elle est datée du premier avril 1807, et a été revue et approuvée par Mgr. Le Groing la Romagère, le 20 février 1827.

(10) Année 1809.

(11) En 1827 l'établissement comptait encore plus de 300 élèves.

(12) M. Bertier mourut le dimanche 22 janvier 1837.

(13) L’ordonnance royale est du 30 mai de cette année 1838.

(14) On a publié depuis quelques jours, en s'appuyant d’une réponse de M. le Recteur de l'Académie de Rennes, « que les certificats d'étude de rhétorique et de philosophie dans une école ecclésiastique, ne peuvent être considérés comme valables pour l'obtention d'un diplôme ordinaire de bachelier ès-lettres. »
- Cette réponse n'est point une décision positive. Elle ne pourrait d'ailleurs prévaloir contre les dispositions de l'ordonnance du 17 octobre 1821, qui dans la rigueur des termes, et d'après l'interprétation d'un Ministre, n'exigent qu'un cours de philosophie dans un établissement de l'Université, comme condition nécessaire pour l'obtention d’un diplôme ordinaire de bachelier ès-lettres.
Il est donc permis, jusqu'à la décision dune autorité supérieure, de répondre aux parens et aux élèves qu'urne année de philosophie serait la condition la plus sévère que l’on pût exiger de leur part.

(15) La musique et les arts d'agrément sont enseignés par des maîtres particuliers, d'après Ia demande des parens : dans la prochaine année scholaire, les leçons de musique seront suivies avec plus de régularité.

(16) La seconde pension est de 250 fr. sans y comprendre les frais de blanchissage.