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Le Foot-Ball

•Souvenirs de l'année scolaire 1903-1904

Extrait de "Souvenirs de l'année 1903-1904", p. 57 à 59.

Nous ne pouvons passer sous silence l’organisation régulière du Foot-Ball à l’École des Cordeliers.
Jusqu’ici, des essais individuels n’avaient fait que grouper quelques élèves.
Cette année, après un concours ouvert par M. le Supérieur sur le jeu le plus intéressant à établir, un foot-ball se monte en règle dans la division des moyens. Harry Bain, en digne Américain, en est le chef. Il y a aussi deux sous-chefs de camp, Robert Desjobert et Georges Hervé.
Un tel choix était le succès assuré.
La division des grands jugea la chose fort bonne : Léon Baudet et Charles Josse se mirent à la tête du jeu. Les petits firent de même et s’en trouvèrent bien. Demandez-le plutôt à leur président Émile Auvray et à leurs chefs de camp Théophile Allouet et Eugène Leroux.
Si vous voulez faire connaissance avec nos sportsmen, consultez l’album photographique déposé aux Cordeliers, dans la chambre épiscopale. Car vous le lirez plus loin, ils ont voulu que la photographie transmît leur souvenir aux générations futures. Ils sont là jambes et bras nus, l’air martial, dans une attitude de combat, prêts à commencer le plus farouche des matchs.
Le dimanche et le jeudi, quelles belles parties de foot-ball dans cette immense avenue du château de la Garaye !
Il y a deux cents ans, c’étaient fêtes sans fin au château de la Garaye. On y comptait, pour la chasse, « trente chevaux à l’écurie et plusieurs meutes au chenil ». Le comte et la comtesse de la Garaye, lancés dans une vie toute mondaine, ne rêvaient que frivolités et aventures. Sans cesse il leur fallait entendre le hennissement des chevaux et le son du cor, et, entourés de nombreux amis, poursuivre le chevreuil dans les ravins les plus profonds et les halliers les plus inaccessibles. Mais un accident de chasse amena la réflexion et décida le changement de vie ; pendant de longues années le comte et la comtesse, ayant transformé leur château, menèrent une vie de grande piété et se consacrèrent aux services des malades, des infirmes et des pauvres.
Là donc où chevauchaient autrefois les brillants chasseurs, nos écoliers prennent leurs ébats. Et quels joyeux ébats sous les arbres séculaires qui forment une épaisse voûte de feuillage, et préservent nos jouteurs des trop chauds rayons du soleil d’été !
Extrait de "Souvenirs de l'année 1905-1906", p. 133 à 150.
Souvenirs de l'année scolaire 1905-1906
L'Aigle Noir Guesclin des Cordeliers

Depuis deux ans, le Foot-Ball était établi aux Cordeliers. Mais aucun groupement n’existait encore.
Au mois de mai 1906, nos principaux footballers ont tenté de créer une société qui donnât, au point de vue matériel comme au point de vue sportif, des résultats plus considérables.
C’est fait. Notre société de foot-ball existe.
Ses adhérents ? Environ cent élèves.
Ses statuts ? Ils ont été rédigés en vingt-trois articles que Solon eût consenti à signer.
Son nom ? L’Aigle Noir Guesclin des Cordeliers — ANGC, pour les abréviateurs. Comment aurions-nous pu, dans nos luttes sportives, oublier Duguesclin ?
Ses couleurs ? Culotte noire, ceinture noire, maillot noir avec le bel écusson de Duguesclin.
Ce costume, ennemi des tons charlatanesques trop souvent choisis, produit excellent effet, et l’Aigle noir ressortant sur champ d’argent avec sa bande rouge produit le meilleur effet.
Le comité de la société se compose (article 23) cette année, de la manière suivante :
Président : Emile du Ternple de la Croix.
Secrétaire : Georges Hervé.
Trésorier : Jules Botrel.
Capitaines d’équipes : Bertrand de la Haye Saint-Hilaire, Adolphe Delafargue, Jules Rébillard, Joseph Hubert, Jean Sabot, Ange Laurent, Lucien Legallais.
Arbitre : Francis Hervé.
Membres élus : Charles Corbel, François Rébillard, Jean Poulhazan.
Enfin l’A.N.G.C. est affilié à l’Union gymnastique et sportive des patronages de France, à laquelle M. le docteur Michaud a donné tant d’élan et de vie.

Les Équipes de l’Aigle Noir

Voici la composition des huit équipes de l’Aigle Noir.

Première équipe.

A. Mériadec, goal keeper. — Bon gardien de but, mais manque parfois de précision dans ses arrêts et serait plus utile sur une ligne d’avants.
P. Simon, arrière droite. — joueur très sûr, prend bien le ballon à la volée.
A. de la Vigne, arrière gauche.— Fort chargeur et solide coup de pied.
J. Botrel, demi droite. — Dribble très bien, appuie avantageusement les avants.
P. Colliaux, demi centre. — Joueur précis et au coup de pied sûr.
P. Jan, demi gauche. — Très bon dribbler, arrête bien l’adversaire.
F. Rébillard, avant extrême droite, — Joueur vite et se possédant bien.
Y. Martin, avant interne droite. — Ne dribble pas assez, mais fait de jolies passes.
G. Hervé, avant centre. — Excellent dribbler, joueur vite et sûr.
C. Corbel, avant interne gauche, — Joueur brillant et bon shoot au goal.
Emile du Temple de la Croix, capitaine, avant extrême gauche. — A la stature puissante, charge à fond l’adversaire, bon capitaine.

Seconde équipe.

Goal : A. Loraine.
Arrières : F. Robert, E. Bourdelais.
Demis : H. Lesouchu, J. Poulhazan, M. Lecorre.
Avants : H. Poulhazan, T. Rabasté, B. de la Haye Saint-Hilaire (capitaine), E. du Plessix, C. Jallot.

Troisième équipe.

Goal : E. Auvray.
Arrières : P. Franco, J. Adam.
Demis  : J. Gauvin, E. Leroux, E. Boussu.
Avants : J. Martin, P. Huet, A. Delafargue (capitaine), Th. Jouannic, J. Pansart.

Quatrième équipe.

Goal : L. Nicolas.
Arrières : L. Lagrée, E. Josselin.
Demis : Th. Allouet, R. Briend, J. Brégeon.
Avants : J. Rébillard (capitaine), A. Lemaître, J. Péan, H. Richeux, Y. Sermage.

Cinquième équipe.

Goal : R. Pierre.
Arrières : A. Gillet, M. Josselin.
Demis :  F. Ruellan, F. Cocheril, Y. Poulhazan.
Avants : H. Brion, P. Briand, J. Hubert (capitaine), Ch. Richard, L. Martin.

Sixième équipe.

Goal : G. Thomas.
Arrières : J. Rouvrais, H. Pilorget.
Demis : J. Quéma, J. Pungier, F. Thébault.
Avants : J.-B. Oléron, R. Wable, J. Sabot (capitaine), E. Alory, A. Lebranchu.

Septième équipe.

Goal : A. de Sagazan.
Arrières : L. Lelionnais, L. Féty, P. Vignolle.
Demis : E. Bregeon, J. Le Carvennec, J. Launay et M.-A. Josselin.
Avants : E. Rébillard, A. Charpentier, A. Laurent (capitaine), E. Chevalier, J. Jan.

Huitième équipe.

Goal : P. Houzé.
Arrières : F. Conte, F. Rolland, E. Mary.
Demis : L. Pansart, J. Donne, F. Aoutin et P. Gaillet.
Avants : A. Jallot, A. Ravaleu, L. Le Gallais (capitaine), J.-M. Lemoine, J. Ménage.

L’AIGLE NOIR GUESCLIN
CONTRE L’ÉTOILE SPORTIVE.

1er Avril 1906.

Le dimanche 1er avril, dans l’après-midi, a eu lieu près de Léhon un match de foot-ball, entre la première équipe de l’Aigle Noir Guesclin des Cordeliers de Dinan et la première équipe de l’Étoile Sportive Saint-Michel de Saint-Brieuc.
Les deux équipes avaient choisi comme Président d’honneur du match, M. le chanoine Fouéré-Macé, recteur de Léhon, officier de l’Instruction publique.
Avant 4 heures, une assistance nombreuse dispersée sur les routes voisines de la prairie, sur les bords du canal et sur les hauteurs de Léhon, attendait avec impatience le commencement du match.
La prairie de ce premier match de notre Société est célèbre dans l’histoire.
C’est la prairie de l’Ormégat.
Elle fut, au XIe siècle, le champ de terribles batailles entre le duc Alain et le comte Eudon.
Le carnage du combat fut tel, que la Rance fut rougie du sang des blessés et des morts.
Puis, au XIVe siècle, elle fut le théâtre d’une trahison que Dugueslin vengea. Le château de Léhon, au pouvoir des Anglais, commandés par le duc de Lancastre, était assiégé par Bertrand et Olivier Duguesclin. Une trêve de quarante jours avait été conclue. « Durant cette trêve, écrit M. le chanoine Fouéré-Macé, le jeune Olivier Duguesclin monta à cheval et sortit seul pour aller prendre l’air à la campagne. Il chevauchait donc librement sur les bords de la Rance, non loin du château de Léhon lorsqu’un chevalier anglais, nommé Thomas de Cantorbéry, accompagné de ses écuyers, l’arrête contre la foi de la trêve, dans le pré de l’Ormégat, le déclare son prisonnier et l’emmène. On connaît les suites de cette trahison, la colère de Bertrand, sa visite au duc de Lancastre, peut-être dans le château de Léhon, le combat entre Duguesclin et Thomas de Cantorbéry sur la place de Dinan, la victoire du chevalier breton et le renvoi honteux de l’armée anglaise, de l’indigne et félon Thomas de Cantorbéry… »
Aujoud’hui, la prairie de l’Ormégat offre un aspect des plus élégant par le mélange des deux Sociétés, les briochins de l’Étoile Sportive, aux chemises blanches, à col rouge avec, sur la poitrine, l’étoile de même couleur, les jeunes dinannais de l’Aigle Noir, avec leurs maillots multicolores (le costume sportif de l’Aigle Noir n’était pas encore choisi).

Les équipes étaient composées comme suit :

Équipe de l’Aigle Noir.

Garde-but : E. Bourdelais. (Dans la seconde mi-temps : A. Loraine).
Arrières : P. Simon, A. de la Vigne.
Demis : J. Botrel, P. Colliaux, P. Jan.
Avants : F. Rébillard, Y. Martin, E. du Temple de la Croix, capitaine, G. Hervé, C. Corbel.

Équipe de l’Etoile-Sportive.

Garde-but : Henaff.
Arrières : Malle, J. Corbel.
Demis : Laurent, Le Louarn, Domalain.
Avants : A. Corbel, capitaine, Kervizic, Benoît, Forestier, Beauvir.

Le coup d’envoi est sifflé à 4 heures moins 1/4, par F. Hervé, choisi comme arbitre par les deux camps. Disons immédiatement que F. Hervé s’est acquitté de ses fonctions arbitrales avec un talent, un tact et une connaissance approfondie des règles du jeu, qui lui ont valu la satisfaction de tous.
La première mi-temps est commencée depuis quelques minutes, lorsque l’Étoile Sportive marque un but. Mais l’Aigle Noir restant vigoureusement sur la défensive ne lui permet de marquer aucun autre but. A la seconde mi-temps, les dinannais attaquent avec une furia toute française, Encouragés et savamment guidés par leur capitaine, E. du Temple de la Croix, et groupés comme avants autour de lui, C. Corbel, G. Hervé, Y. Martin et F. Rébillard exécutent avec une précision admirable les passes les plus hardies.
C’est en vain que l’intrépide capitaine de 1’équipe adverse, M. Corbel, dégage le ballon et tâche de le conduire par des passes. Les demis de l’Aigle Noir : J. Botrel, P. Colliaux et P. Jan, le renvoient avec vigueur à la ligne des avants.

Les arrières, A. de la Vigne et P. Simon et le garde-but, n’ont eu alors qu’un rôle assez effacé ! Mais ils avaient eu à travailler dans la première mi-temps.
La mêlée devient plus chaude, l’Aigle Noir pénètre de plus en plus dans les lignes adverses et se tient presque constamment sur la surface de séparation. Après plusieurs essais vraiment bien conduits, l’Aigle Noir marque un but, grâce à C. Corbel secondé par G. Hervé.
Le coup de sifflet qui a terminé le match a été donné à 5 heures 1/2. Les deux équipes s’en sont allées ayant fait match nul (un à un).

L’AIGLE NOIR GUESCLIN
CONTRE L’EQUIPE ANGLAISE
DE M. SPRUYT DE BAY.

10 mai 1906.

Le jeudi 10 mai 1906 a eu lieu un match entre la première équipe anglaise de Saint-Servan et l’Aigle Noir Guesclin des Cordeliers de Dinan.
La rencontre s’est faite sur la grève de Chasles, en présence de plusieurs sportmen et des équipes du collège de Saint-Servan.
L’équipe première anglaise est diplômée champion de Bretagne et de l’Ouest.
Le 10 mai, elle a été commandée par M. Spruyt de Bay lui-même, footballer depuis trente ans, qui a tenu dans le jeu le poste de demi-centre.
Certes, en matchant contre de tels adversaires, nous ne pouvions compter sur une victoire, mais nous voulions recevoir une leçon profitable.
Nous n’avons donc pas été surpris de voir l’équipe anglaise victorieuse par onze buts à un.
Le coup d’envoi a été donné à 2 heures 1/2 précises.
Le jeu a été très animé et très pressé. Il a eu lieu sur les grandes largeurs : 70 mètres sur 110 mètres.
L’Aigle Noir a dû se tenir presque tout le temps sur la défensive la plus serrée. Il a cependant repoussé plusieurs fois le camp adverse. Plusieurs essais ont été bien menés.
Le but gagné a été shooté au commencement de la seconde mi-temps par F. Rébillard.
Après le match, M. Spruyt de Bay nous reçoit très aimablement dans sa jolie villa des Metteries. C’est in the kindest manner qu’il nous offre a tea-party, avec plum-cake, currant jam, etc.
Puis, par le bateau à vapeur nous passons le Solidor à Dinard et nous arrivons à Dinan pour l’heure du dîner.

L’AIGLE NOIR GUESCLIN CONTRE LE FOOT-BALL
CLUB DINANNAIS

13 Mai 1906.

Le dimanche 13 mai, à 4 heures de l’après-midi, a eu lieu un match de foot-ball entre l’Aigle Noir Guesclin des Cordeliers de Dinan et le Foot-ball Club dinannais.
La rencontre s’est faite sur le terrain du F.-B. C. D.
Un assez nombreux public assistait, sur la pelouse, aux péripéties de la lutte.
Les couleurs claires, jaune et rouge, du Foot-ball Club dinannais étincelaient sous le brillant soleil de cette chaude après-midi de mai.
L’équipe des Cordeliers désignée pour le match portait, pour la première fois, sur le maillot noir, l’écusson de l’Aigle Noir Guesclin.
L’arbitre choisi par les capitaines des deux Sociétés était F. Hervé, de Lamballe.
Le match a été vraiment intéressant.
Le Foot-ball Club dinannais est en progrès très sensible sur les derniers matches, grâce à un sérieux entraînement. Plusieurs de ses équipiers ont le sens pratique du jeu et poussent fort bien le ballon.
Les avants de l’Aigle Noir ont un jeu très serré. Bien secondés par leurs demis, ils descendent vers les buts adverses. Grâce à ce jeu classique qui évite les grands coups de pied et préfère les passes légères, ils pénètrent hardiment dans les rangs opposés. Et cependant le Foot-ball Club dinannais fait une vaillante et énergique défense.
Par cette tactique, l’Aigle Noir marque cinq buts. Le premier est shooté par P. Jan, le second est fait par G. Hervé ; le troisième est lancé par Y. Martin, après une fort belle passe. Le quatrième but a été le plus remarquable de tous, car le ballon a été lancé d’une extrémité à l’autre du jeu par une série de passes très fines. Enfin, le cinquième but est marqué par F. Rébillard, assisté par C. Corbel.
Mais il est plus de 5 h. 1/2. Déjà !… A suivre de près ces joutes passionnantes, on perd la notion du temps.
L’arbitre, lui, — en excellent arbitre — ne la perd pas. Il siffle la fin du match et proclame la victoire de l’Aigle Noir Guesclin des Cordeliers de Dinan sur le Foot-ball Club dinannais par cinq buts à zéro.

Voici la composition des équipes :

Aigle Noir Guesclin.

Comme au match du 1er avril, mais avec A. Mériadec comme garde-but.

Foot-ball Club dinannais.

But : Jouan.
Arrières : Tranchant, Vigne.
Demis : Pauwels, Geffroy, Croquevielle.
Avants : Bourel, Hopkins, Poulloin, Guillet, Belloncle.

Le soir, au réfectoire, un grand écusson de l’Aigle Noir Guesclin était apposé aux murs entouré de drapeaux tricolores. La première journée où nos élèves avaient paru avec l’Aigle Noir avait été une journée de complète victoire et ce succès fut salué avec le plus vif enthousiasme.

L’AIGLE NOIR CONTRE L’HERMINE DINANNAISE.

10 Juin 1906.

C’est par un beau dimanche de Juin, sous les ombrages de l’avenue de la Garaye, que s’est disputé ce match, entre la troisième équipe de l’A, N. G. C. et l’Hermine dinannaise.
L’arbitrage a été fait, par Émile du Temple de la Croix, avec une aisance et une précision parfaites.
Voici la composition des équipes.

Hermine dinannaise.

Garde-but : Pepin.
Arrières : Jouvard, Legoff.
Demis : Heurtel, Collet, Gérard.
Avants : Chanais, Chenay, Martin (capitaine), Corduan, Roptin.

Aigle Noir (3e équipe).

Garde-but : Émile Auvray.
Arrières : Francis Franco, Jean Adam.
Demis : Émile Boussu, Jean Gauvin, Eugène Leroux.
Avants : Pierre Huet, Théodore Jouannic, Adolphe Delafargue (capitaine), Jules Pansart, Jules Martin.
Résultat : L’A. N. G. C. remporte une nouvelle victoire et bat l’Hermine dinannaise par trois buts à zéro.
Ces trois buts ont été shootés par P. Huet, T. Jouannic et A. Delafargue.
Vive-l’Aigle Noir !

LA PRAIRIE DU FOOT-BALL.

On assure que le propriétaire de la Garaye a condamné à mort les plus grands arbres de l’avenue. Tant pis ! Cette avenue magnifique ne sera plus qu’un banal emplacement.
Mais si belle soit cette longue et large allée qui conduit aux ruines du château, elle n’est guère commode pour jouer au foot-ball. Elle manque de la largeur nécessaire et les racines d’arbres ne sont pas agréables à heurter.
Aussi, depuis un an, cherchons-nous un terrain. Chose difficile à rencontrer, car aux environs de Dinan, le pays est accidenté et morcelé, les champs sont tous plantés de pommiers, les landes du bord de la Rance sont marécageuses en hiver. Seule, la partie voisine du champ de manœuvres offrirait des emplacements favorables.
Nous avons demandé aux Frères de Saint-Jean de Dieu de nous louer une partie de leur petite prairie de Cassepot. Avec le plein assentiment du R. P. Prieur de Léhon, et après en avoir parlé au R. Frère Pie-Marie, toujours si dévoué aux Cordeliers, nous avons adressé une demande au Très Révérend Père Provincial.
Mgr l’Évêque de Saint-Brieuc a appuyé cette demande, et nous avons obtenu la plus aimable et la plus affirmative réponse.
Mais il y a encore, parait-il, des difficultés à raison de la rareté des foins.
Qu’adviendra-t-il ? Aurons-nous enfin une prairie où nos élèves feront de gigantesques parties de foot-ball ?
Les Souvenirs de 1906-1907 le diront.

La prairie de l'Ormégat, désignée sur le plan cadastral et prise en photo le lundi 26 septembre 2016.