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Résumé du livre de Elie GAUTIER
par Michel TREHEL, élève de 1950 à 1958.

 

 

Trame de « L'école des Cordeliers de Dinan »

édité chez Jean Collet, éditeur à Dinan en 1986.

L'institut religieux d'enseignement qui porta différents noms, en particulier depuis 1803-1804 "École des Cordeliers" a sans doute été créé avant 1532, date du rattachement de la Bretagne à la France.

Au 18 ème siècle, c'était "l'école de Dinan", de bonne réputation. Les bourgeois de Saint-Malo y envoyaient leurs enfants. Il était situé rue de l'École et tenu par les Pères Cordeliers, qui habitaient dans le couvent d'Henri d'Avaugour (lieu qu'on désigne aujourd'hui sous le nom "École des Cordeliers"). En 1773, l'école de Dinan s'installe au 1, rue de la Ferronnerie, dans la maison du père de Charles Duclos-Pinot. En 1777, le couvent de bénédictines Notre-Dame de la Victoire, sis rue de Léhon à l'emplacement appelé maintenant Collège d'enseignement secondaire Roger-Vercel a des difficultés. Les religieuses sont dispersées dans d'autres couvents. L'évêque de Saint Malo, Mgr des Laurents fait réparer le couvent, en partie sur ses deniers personnels, et y met l'école de Dinan. L'école prend le nom de "Collège Des Laurents", précisément : "Collegium episcopale laurentianum dinannense".

Voilà la Révolution. En 1791, un arrêté départemental ordonna de disperser les Professeurs. A la même date, les moines Cordeliers durent quitter le couvent d'Henri d'Avaugour pour céder la place à des troupes envoyées de Saint-Malo pour réprimer une émeute à Evran. En 1792, le collège, rue de Léhon, ouvre avec des Professeurs recrutés à Paris par la municipalité de Dinan. Les nouveaux Professeurs eurent d'autres tâches patriotiques durant la Révolution et les bâtiments de la rue de Léhon furent transformés en prison, en magasins, en ateliers. En 1797, les bâtiments furent squattés par des particuliers. De 1798 à 1805, la Ville occupa les lieux illégalement pour y installer la pompe à incendie, la Société des Philarmonistes, les Justices de Paix. La Ville avait d'autres soucis que l'enseignement. Le collège des Laurents avait disparu. Le collège public, qui le remplaçait se réfugia dans l'ancien couvent des Jacobins. Les locaux de la rue de Léhon étaient de toute façon devenus trop grands, compte tenu du faible nombre d'écoliers.

Quand les effets de la révolution se furent estompés, l'abbé Bertier chercha à recréer le collège des Laurents. Il l'installa provisoirement en 1803 dans une partie du couvent d'Henri d'Avaugour, qu'avaient quitté les moines, 12 ans plus tôt. Il espéra durant 2 ans récupérer les locaux de la rue de Léhon. Déception : en 1805, l'Empereur les cédait officiellement à la ville de Dinan pour y établir une école secondaire communale. Curieusement, le premier Directeur de cette école communale fut un prêtre : l'abbé Labbé. Quant à l'école religieuse, à laquelle il fallut adjoindre un séminaire, elle n'eut d'autre choix que de restaurer diverses salles du couvent d'Henri d'Avaugour et de créer de nouveaux bâtiments.

Un décret de 1808 n'autorisa à enseigner que les établissements sous contrôle de l'état. Les écoles secondaires ecclésiastiques purent continuer à fonctionner, sous contrôle de l'Etat. Patatras ! en 1811, la concurrence dans une même ville fut interdite et les pensionnaires de "l'école des Cordeliers" durent aller suivre les enseignements au collège de la rue de Léhon.

Un coup dans un sens, un coup dans un autre :   lors du départ de Napoléon, la Ville ne soutenant plus financièrement ce collège, les bâtiments de la rue de Léhon redeviennent un couvent donné cette fois aux Ursulines. De 1815 à 1828, sous la Restauration, l'école des Cordeliers redevint la seule école de Dinan. Ce type d'écoles était appelé "Ecoles secondaires ecclésiastiques". A Dinan, elle était constituée d'un grand Séminaire et d'un petit Séminaire avec des internes et des externes. On y enseignait la Religion, les Lettres, les Sciences et les Arts sans oublier la propreté, l'ordre, la politesse et la bonne tenue.

En 1828, sous Charles X, le gouvernement de M. de Martignac imposa diverses entraves aux Ecoles secondaires ecclésiastiques dont celle de ne pas avoir d'externes. L'École des Cordeliers — l'abbé Bertier, puis l'abbé Gaultier après la mort de l'abbé Bertier — se battit pendant 11 ans pour contrecarrer cette disposition. La Ville de Dinan était aussi dérangée par cette disposition qui empêchait les enfants dinannais de s'instruire. Pendant quelque temps, une partie des locaux des Cordeliers fut affectée à une école municipale à côté des Grand et Petit Séminaires. Il y eut des négociations quadripartites (Etat, Ville, Evêché, École des Cordeliers) pour savoir qui possédait, qui payait, qui dirigeait. L'école des Cordeliers essaya de se faire aider, entre autres, par le député M. Bizien du Lézard. Elle ne put arriver à contrecarrer l'interdiction d'avoir un externat.

En 1831, la Ville de Dinan recréa une école communale à l'Hôtel de Ville, les locaux de la rue de Léhon n'étant pas disponibles car les Ursulines y avaient installé une école de filles. En 1839, les bâtiments de la rue de Léhon furent rachetés aux Ursulines et l'école communale put s'y installer. Je ne connais pas la suite de l'histoire, car le livre que j'ai ne concerne que l'histoire de l'École des Cordeliers, mais je pense que cette installation a été définitive.

Toujours constituée du Petit et du Grand Séminaires, l'école des Cordeliers continuait d'avoir des difficultés. La ville dénigrait le Petit Séminaire, qu'elle pouvait considérer comme une concurrence à l'école communale. Il y eut une querelle des diplômes. C'est l'abbé Jean-Marie de Lamennais, le frère de Félicité, qui prit la défense des Cordeliers. Pourtant, en 1841, c'est le Grand Séminaire que l'évêché décida de supprimer. En 1881, le Petit Séminaire devient par décret ce qu'on appelle maintenant une "École libre". Lors de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, l'école des Cordeliers se voit confrontée à de gros problèmes. L'Etat la chasse de ses locaux, arguant que c'est dorénavant l'Etat le propriétaire. Or par testament, l'abbé Bertier en avait fait don à l'Evêché de Saint Brieuc, si elle restait une école, sinon, elle devait être vendue, la vente devant être gérée par les curés de Saint Sauveur et Saint Malo. L'Etat ayant fermé l'école, il faut vendre, mais l'Administration considère que ce n'est pas aux curés de gérer la vente mais aux héritiers de l'abbé Bertier. Le Directeur des Cordeliers arrive à retrouver de lointains petits neveux, crée la Société anonyme des Cordeliers qui va gagner la vente aux enchères en 1910 contre la mairie de Dinan.

Lorsqu'en 1839, les bâtiments de la rue de Léhon furent rachetés aux Ursulines, un particulier avait acheté la chapelle et deux corps de bâtiments. Certains cours des Cordeliers reprirent dans ces locaux. Ils utilisèrent ensuite les locaux des Salésiens, rue Beaumanoir. En 1910, ils réintégrèrent le couvent d'Henri d'Avaugour. Ils ne vont pas être tranquilles longtemps : en 1911, la Cour casse la validité de la vente aux enchères. La Société anonyme des Cordeliers cherche alors à négocier avec les Domaines. La ville abandonne la partie mais le Département se met sur les rangs. La guerre 14-18 arrive : les autorités ont autre chose à penser. Le problème n'est repris qu'en 1929-1930. Les discussions se font entre Michel Geisdoerfer et le chanoine Meinser. Malgré l'anticléricalisme de Michel, la Société anonyme des Cordeliers récupère la propriété des locaux, contre quelques cessions de propriétés et quelques sous.

A partir de cette date, le collège de Dinan et les Cordeliers vont fonctionner normalement dans leurs locaux respectifs.

Livre de l'abbé Elie Gautier
"L'École des Cordeliers de Dinan
Quatre siècles de combat pour la liberté
"
par l'abbé Elie GAUTIER
Prix de vente : 20 euros