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La chapelle

L'annonce de la construction d'une nouvelle chapelle aux Cordeliers, celle des moines étant tombée en ruines, a été faite dans les bulletins de l'Association des Anciens élèves à partir de 1899.

Sur les pages suivantes, sont présentées les étapes de la construction de la nouvelle chapelle, en commençant par l'annonce faite par le journal "Ouest éclair" du 22 mai 1900.
Le président de l'Association des Anciens élèves, le chanoine Marin Dagorne, avait lancé le projet lors de la réunion annuelle de l'Association le 24 juillet 1899.
Les autres textes sont tirés d'un fascicule publié aux Cordeliers à partir de l'année scolaire 1900-1901.
Son but était double :
- relater les événements de l'année écoulée
- donner aux élèves un calendrier de l'année afin de préparer les journées et périodes remarquables de l'année en cours.

Ce fascicule intitulé "Annuaire" a été publié jusque l'année scolaire 1906-1907. On peut facilement imaginer, à cause de l'expulsion, le 4 novembre 1907, que le supérieur a eu d'autres préoccupations au cours de cette année 1906-1907 et que le temps a manqué pour continuer à faire le résumé des événements de l'année.

 

La chapelle des Cordeliers


Grâce au zèle tenace de M. Le Fer de la Motte, supérieur du collège des Cordeliers, cet établissement va voir enfin se réaliser le projet de construction de sa chapelle.
A ce sujet, on lit dans la Semaine religieuse de Saint-Brieuc :

En journalistes pressés de savoir ce qui se prépare, nous avons consulté M. le Guerranic, qui a dessiné les plans du nouveau sanctuaire.
Nous nous attendions, en pénétrant dans son bureau, à trouver le dessin d'une chapelle romano, conformément au goût de l'époque ; mais M. Fer de la Motte avait proposé une église du XIII° siècle, en souvenir des Cordeliers, fils de saint François d'Assise, qui vivait au temps où le style ogival s’épanouissait dans nos vieilles églises et nos merveilleuses cathédrales. Ce style d'un âge de foi n'a qu'un défaut, celui de réclamer des ornementations d'un prix fort élevé. Et puis aux portes de Dinan s'élève le beau sanctuaire gothique des Bas-Foins où revient quelques-uns des traits de la Sainte-Chapelle de saint Louis.
Ces difficultés n'ont découragé ni M. Le Fer de la Motte, ni M. le Guerranic, et le plan que nous avons vu nous promet grand et bien.
L'emplaoement choisi mettra en évidence la façade, tandis que les côtés de l'édifice se trouveront entre l'aile neuve du Collège et les maisons voisines. Seul le chevet pourra s'épanouir un peu dans le jardin et ouvrir à la lumière ses parties basses. Le programme de l’architecte se trouvait donc nettement délimité. Ce qui semble réclamer plus de soin et de style disparaît et peut être traité d'une manière plus simple et moins coûteuse. Aussi sommes-nous restés surpris de la modicité du prix d'un édifice dont l'intérieur aura un aspect vraiment monumental.

Pénétrons dans l'intérieur, promenons-nous à l’avance sous cette voûte de nef de 16 mètres, nous nous trouvons en face de 19 arcades s'ouvrant sur les bas-côtés et sur les chapelles rayonnantes. Cette disposition donnera à l’édifice sa véritable physionomie. Ce couloir qui s’en ira le long de la nef sera comme une réminiscence de l'église abbatiale de Thymadeuc. Les passages découpés dans les oontreforts des ouvertures ogivales laisseront entre eux des espaces où se développeront les confessionnaux à volets au-dessus desquels il restera une place pour un chemin de croix. Cette disposition rappelle la nouvelle ohapelle de Créhen et celle de Notre-Dame des Portes à Chateauneuf-du-Fou.
Dans ces ouvertures ménagées dans les contreforts, une colonne se détachera en face des piliers de la nef et donnera une réelle élégance à cette partie de l’édifice.
Il nous paraît inutile d'insister pour mettre en évidence l'utilité de ces petits bas-côtés. Dans les communions générales, les élèves se rendront à la sainte table par une entravité des bancs et rentreront par l'autre. Ce couloir contourne le chœur et en fait le pourtour, donnant accès aux cinq chapelles rayonnantes où se trouveront les petits autels.
La sacristie se dégagera de l’édifice du côté de l’évangile dans le jardin.
Quant au chœur, il sera très développé, comme il convient dans une chapelle de collège où les offices se célèbrent avec solennité, où les professeurs prennent place en des stalles, où les enfants de chœurs auront à faire leurs évolutions.

En bas sous la rosace, au niveau de la première galerie de la façade et derrière les arcatures pleines, s'élèvera la tribune portée par de Iégères colonnettes.
Les fenêtres de la nef s'ouvriront largement et leurs arceaux à double ogive porteront chacun une rose. La lumière tombera abondante, presque crue sur la vaste nef, jusqu'au jour où la piété des amis de l’école, complétant l’œuvre, y placera des vitraux. La pierre de taille sortira des carrières de Bas-Foins pour la construction ; mais les carrières de Kerinan, en Languédias, fourniront les chapiteaux sculptés des colonnes qui portent les murailles de la nef et ceux des colonettes qui reçoivent les formerets. Un cordon à fleurons espacés courra à travers la chapelle accentuant encore la perspective par l’écartement de ces ornements.

La construction de cette belle œuvre d'art répondra à l’un des vœux les plus souvent exprimés de Mgr Fallières, évêque de Saint-Brieuc.

Ouest éclair, 22 mai 1900.

Jean PRIÉ, élève de 1958 à 1966, a relevé cet article au cours de ses consultations d'anciens journaux et nous l'a fait parvenir. Qu'il en soit chaleureusement remercié.

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