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Le Bâtiment Notre-Dame

Le premier article présentant le début de la construction du bâtiment Notre-Dame est publié dans le n° 30 de "Ces Vieux Cordeliers" daté de juin de 1960.
Dans le n° 32 de décembre 1960, la fin des travaux est présentée ainsi que les autres transformations intervenues au cours de l'été.
La bénédiction du nouveau bâtiment est présentée dans CVC n°33, daté de mars 1961.

Nous publions cette photo pour donner à nos lecteurs lointains une idée de l'importance du bâtiment en construction dans le jardin, ou plutôt dans ce qui était le jardin. (Car il n'en reste plus qu'un coin ridiculement petit pour les salades du jardinier et les cent-pas des professeurs disant leur bréviaire. La photo de de la mi-avril ; depuis les murs ont poussé : la maçonnerie est maintenant terminée et posée la charpente métallique. Le bâtiment comprend au sous-sol une salle de jeu, au rez-de-chaussée, une étude pour les grands, trois classes au premier étage et trois classes au second. Par devant, une belle cour de récréation pour les grands.

Ces Vieux Cordeliers n°30, page 8.

Travaux des vacances

M. l'Econome n'a pas chômé pendant les vacances, et à la rentrée on a pu apprécier le résultat de son travail. Notez qu'il n'a pas été seul à le faire. Caesar pontem fecit, dit Petitmangin dans sa grammaire. Comme César, M. l'Econome a fait faire : seul, il n'aurait point suffit à la tâche à moins d'être un Hercule. Mais il est vrai qu'il n'avait tout de même pas non plus à nettoyer les écuries d'Augias.
Il lui fallait surtout démolir et construire.
Faire poursuivre activement d'abord la construction du bâtiment Notre-Dame, pour qu'il fût prêt à la rentrée à recevoir ses hôtes. Et il était prêt, de justesse c'est vrai, mais il a pu être utilisé immédiatement.
Il fallait agrandir aussi le réfectoire, et, du coup, le mur très épais qui le séparait du petit salon des professeurs est tombé. Il a fallu en évacuer des brouettées de pierres et de gravats ! Mais le réfectoire est sorti plus beau encore de l'opération en retrouvant un peu plus les dimensions de l'ancienne salle capitulaire du monastère des moines Cordeliers et en s'agémentant d'une belle cheminée de granit avec un linteau sculpté aux armes du baron d'Avaugour (voir le cliché ci-dessous).

Mais voilà les professeurs dehors. Comme ils sont tout de même de qulque utilité dans la maison, il y a lieu de les conserver et de leur trouver un nouveau réfectoire. On les installera donc là où, les années dernières, la piaillantemarmaille de sixième et septième satisfaisait un appétit bien ouvert. Et les jeunes ? On les pousse d'un cran et ils se retrouvent dans la salle qui était, jusqu'au mois de juin dernier, l'étude des grands, lesquels ont maintenant une nouvelle étude, magnifique — vous irez voir et jugerez sur pièce ! — dans le bâtiment neuf. Il a fallu naturellement, pour les services du réfectoire des élèves, établir un couloir le long de la salle des professeurs, du côté de la cour intérieure.
Quant à l'étude qui "jouxte" la chapelle, elle s'est vu couper en deux. D'un côté, celui de l'ancienne cour des grands devenue la cour des cadets, se trouve maintenant l'étude des petits externes. L'autre côté est prévu comme oratoire, mais en attendant la Sixième bleue y a élu domicile.
Et les grands externes, où les mettre ? Aucune salle existante ne peut les contenir. Qu'à cela ne tienne, on fait tomber pour eux la cloison entre les deux classes qui s'abritent à l'ombre du Capitole sur la cour intérieure. Quand aux minimes, qui occupaient l'an dernier la première de ces salles, la plus proche du capitole, on les transporte incontinent au rez-de-chaussée du bâtiment St-Joseph.
Je ne sais si M. le Supérieur a pensé à donner des points de prime à M. l'Econome et à ses ouvriers pour leurs "devoirs de vacances". Ils en auraient bien mérité.
xxx.

Ces Vieux Cordeliers n°32, pages 2 et 3.


LE 2 FEVRIER,
M. le Chanoine de Pontbriand,
Vicaire capitulaire
a béni le bâtiment Notre-Dame

Nous voici enfin au 2 février. Les pensionnaires sont descendus ce matin tout endimanchés. Un air de fête plane sur les Cordeliers. On attend la cérémonie avec impatience et curiosité. A 10 h. 30, toute l’École se trouve réunie dans la chapelle. Les belles orgues des Cordeliers n'ont pu malheureusement être montées à temps, et ce ne sera pas encore aujourd'hui que le Roi des instruments versera dans la nef ses flots de musique et d'harmonie. La cérémonie est célébrée par M. le Chanoine de Pontbriand, vicaire capitulaire. Nous assistons d’abord à la bénédiction solennelle des cierges qui représentent le Christ, Lumière des hommes. Le célébrant asperge les cierges, puis les encense. Ils sont ensuite distribués, et allumés pour la procession. Ces petites flammes scintillantes qui s'avancent lentement dans la nef nous rappellent que le Christ, Lumière des Nations, fut donné aux hommes par Notre-Dame et qu'il est venu vers nous pour nous guider et nous éclairer. C’est le thème du sermon de M. le Chanoine de Pontbriand, à la fin duquel il cite cette parole de Claudel : « Vous qui possédez la Lumière, qu'est-ce que vous en faite ? » Après la Grand'Messe, a lieu la cérémonie attendue de tous. Toute l'Ecole se retrouve, fière, heureuse, devant le bâtiment Notre-Dame. M. le Chanoine de Pontbriand s'avance, en compagnie de M. le Supérieur des Cordeliers, M. le Chanoine Gingast et M. le Chanoine Page. Il bénit d'abord la statue de la Vierge, qui sera désormais au-dessus de l'entrée du bâtiment, et ensuite le bâtiment lui-même, dans le soleil et dans le vent. Le Vicaire capitulaire bénit ensuite l'étude, dont il félicite M. le Supérieur, et chacune des classes du nouveau bâtiment. Comme il l'a dit tout-à-l'heure, dans son sermon, « c’est un signe, de grande vitalité pour une Ecole de construire et de s'agrandir ainsi. »
La cérémonie a eu pour effet d'aiguillonner les appétits, et l'on fait bon accueil au repas, copieux et arrosé, du midi. L'après-midi, la mélancolique promenade sous la pluie, auréolée d'un arc-en-ciel, précède — il le faut bien, hélas — la séance de cinéma tant attendue, avec les Chevaliers de la Table Ronde, dont les plus âgés, comme les plus jeunes ont pu apprécier le grand courage et l'esprit chevaleresque.

Pierre DERVEAUX, Seconde A.

Ces Vieux Cordeliers n°33, pages 5 et 6.