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Le deuxième bâtiment Notre-Dame

Le CVC de janvier 1978, relate l'inauguration du bâtiment Notre-Dame 2, pages 7 à 9, faite le vendredi 9 décembre 1977 en reproduisant le discours prononcé à cette occasion par le Directeur des Cordeliers, Monsieur Eugène Coupel.

« Si Dieu ne bâtit la Maison, en vain travaillent les Maçons ».

Ce verset biblique définit parfaitement le sens que nous avons voulu donner à notre initiative. Un nouveau bâtiment a grandi. Du sol ingrat d'une cour de récréation il a mûri semaine, après semaine pour atteindre la taille adulte de son frère jumeau. Mais chaque pierre supplémentaire n'était qu'une contribution modeste à l’œuvre créatrice de Dieu. Ce que nous avons érigé là n'a d'autre ambition que de servir les hommes, nos frères. Si la Tour de Babel symbolise le désordre et la haine consécutifs à des desseins déraisonnables, nous voulons voir par contre, dans cet édifice tout neuf un signe d'unité, de continuité et de sagesse.

Signe d'unité parce qu'il a fallu coordonner les énergies les plus diverses pour porter à son terme un tel projet. Que soient remerciés ici tous ceux qui ont, à leur place respective, réfléchi, élaboré, agi ou encouragé. Ceux qui ont été aux sources de l'affaire — Comme .les membres du Conseil d'administration de la société anonyme ou les membres du Comité de Direction. — Autant que ceux qui ont mis la main à la pâte — comme les entrepreneurs, les artisans, les différents corps de métier les maîtres d'œœuvre et les architectes.

Merci aussi à vous qui avez permis, par vos interventions et votre aide, l'heureux aboutissement d'une si délicate entreprise : le Conseil Municipal qui nous a voté sa caution, la Caisse d"Epargne de Dinan ainsi que la Banque de Bretagne qui ont soutenu le financement, l'Association des Anciens Elèves qui a plaidé éloquemment notre cause et tous les parents ou amis qui ont si spontanément accordé leur confiance à notre emprunt obligataire. Je tiens également à faire une mention particulière pour M. l'Econome qui n'a pas compté son temps et qui a même sacrifié ses grandes vacances pour nous apporter ce bel enfant sur les fonts baptismaux de I'inauguration.

A l'intérieur vous constaterez le mariage effectif entre plusieurs disciplines scolaires, puisque dans les locaux ouverts cette année cohabitent professeurs de lettres, de mathématiques et de langues. A l'entre-sol les élèves disposent désormais de deux belles salles où ils ont pu installer leur foyer, ainsi que vous pourrez en juger dans quelques instants. Au fond, n'est-ce pas toute cette pluralité qui renforce vraiment notre unité ?

Si donc ce nouveau bâtiment doit apparaître comme signe d'Unité, il symbolisera aussi la Continuité. Le fait que nous ayons choisi de garder à l'ensemble de toute la construction Ie patronyme de Notre-Dame prouve bien à quel point nous voulons associer le passé au présent. En 1959 déjà le vénéré Chanoine Meinser avait conçu une première tranche de classes et d'études, en sacrifiant une

partie des beaux jardins de l'Ecole. Son sens de l'avenir lui avait fait prévoir une prolongation utile et nécessaire de l'ouvrage. Quelques années plus tard, le Père Yves AIIo, faisant face aux obligations du moment, adjoignait au bâtiment Notre-Dame une annexe promise à la métamorphose lorsque le temps serait venu. C'est à l'automne de 1976 que les engins entrèrent en action. Achevée, la nouvelle construction, calquée sur son ainée dans ses grandes lignes porte néanmoins, quelques traces de modification ou d’évolution dans Ies plans. Ainsi en est-il des Cordeliers d'aujourd'hui. Fondés sur un passé solide et riches d'un héritage précieux, ils veulent, dans la continuité adopter leurs propositions éducatives au monde moderne et aux jeunes de 1978.

J'ai dit, en préambule, qu'avec l'unité et la continuité le bâtiment que nous inaugurons ce soir témoignait également une certaine sagesse. En effet nulle volonté de prestige ou de luxe n'a guidé nos démarches, c'est bien évident. Nulle imprudence non plus, car même si la conjoncture est fluctuante, la lucidité face aux besoins urgents de notre école conduisait tout naturellement aux options qui furent les nôtres. Il était vital que plusieurs classes supplémentaires soient ouvertes, que les laboratoires de sciences, soient améliorés et développés, que les laboratoires de langues soient renforcés et diversifiés, que les élèves du 2d cycle retrouvent un foyer bien à eux où ils puissent gérer leurs loisirs et promouvoir certaines activités culturelles.

Toutes ces raisons conjuguées n'ont eu aucune difficulté à emporter l'adhésion des personnes concernées, notamment des professeurs et des élèves qui ont su endurer avec une méritoire patience les pollutions sonores et visuelles engendrées par les travaux. Effort récompensé maintenant par la joie de posséder un bel édifice, adapté aux normes scolaires. Car c'est bien là l'essentiel en perfectionnant nos moyens de travail et nos structures de service nous défendrons la cause d'un enseignement de qualité. Outre le fait que notre extension actuelle ait permis à la rentrée de septembre 77 de créer quatre postes, nouveaux pour Ies enseignants, le souci que nous avons de progresser sans cesse dans le sérieux et la valeur est le meilleur garant de la mission éducative que nous poursuivons. L'instrument qui est entre nos mains est exceptionnel : rares sont les Communautés Educatives qui, comme la nôtre, possèdent en totalité leurs bâtiments. Libérés des contraintes du locataire devant son propriétaire nous sommes les gérants de notre propre outiI de travail. Il nous appartient, dès lors, de faire fructifier ce don inestimable. Souvenons-nous donc de la Parabole évangélique des Talents. Dieu nous a confié les talents fabuleux de l'Ecole des Cordeliers et de l'éducation de la jeunesse comme le bon et fidèle serviteur loué par le Christ prenons la peine de tout mettre en œœuvre pour doubler notre dépôt sacré.